Tabagisme : signification spirituelle et causes émotionnelles
Qu'est-ce que le tabagisme ?
Fumer, c'est inhaler la fumée du tabac qui brûle, le plus souvent sous forme de cigarettes. Cette fumée transporte la nicotine, qui atteint le cerveau en quelques secondes et crée une forte dépendance, ainsi que des goudrons, du monoxyde de carbone et des milliers d'autres substances chimiques. Avec le temps, celles-ci abîment les voies respiratoires, les poumons, le cœur et les vaisseaux sanguins. Le tabagisme est la principale cause de l'emphysème et de la BPCO, et il augmente le risque de maladie cardiaque, d'accident vasculaire cérébral, de plusieurs cancers et d'infections pulmonaires fréquentes comme la bronchite.
Arrêter est bénéfique à tout âge, et le corps commence à récupérer en quelques jours. Les premières semaines apportent souvent des envies irrépressibles, de l'agitation, de l'irritabilité, un sommeil perturbé, un appétit accru et une humeur basse. Ce sont les effets du sevrage nicotinique, pas un manque de caractère, et ils s'atténuent généralement en quelques semaines. Les personnes qui arrêtent avec l'aide d'un professionnel du sevrage et d'un traitement d'aide à l'arrêt, comme les substituts nicotiniques ou un médicament prescrit, ont beaucoup plus de chances de réussir que celles qui comptent sur leur seule volonté.
Le tabagisme n'est pas « seulement émotionnel ». La dépendance à la nicotine est physique et bien réelle. L'interprétation spirituelle qui suit accompagne l'aide concrète. Elle s'intéresse à ce que la cigarette fait pour vous, afin que vous puissiez répondre à ces besoins autrement.
La signification émotionnelle du tabagisme
Les poumons sont associés à la vie, à la liberté et à l'autonomie, ainsi qu'à l'échange entre vous et le monde qui vous entoure. La cigarette se glisse dans cet échange. Sur le plan spirituel, elle est comprise comme une forme de protection : un voile de fumée derrière lequel on peut se cacher.
Un écran de fumée
La fumée vous enveloppe, vous et certaines peurs profondes, une forme d'angoisse que vous préféreriez ne pas regarder. Elle les cache aux autres, et elle peut aussi vous empêcher de voir la vérité vous-même. La question est douce : qu'est-ce que l'écran garde hors de vue ?
Le seul moment où l'on s'arrête
Le mot « cigarette » peut s'entendre « si j'arrête ». Pour beaucoup de personnes, la cigarette est le seul moment de la journée où elles s'autorisent une pause. Vous vivez beaucoup dans votre tête, il vous est difficile de prendre du temps pour vous, et la pause cigarette devient la permission d'expirer. Elle équilibre aussi un système nerveux qui tourne trop haut ou trop bas : la nicotine calme et stimule à la fois, et elle accélère le cœur. En ce sens, la cigarette est une façon superficielle d'évacuer le stress et la nervosité, et une échappatoire pour une tête qui ne s'arrête jamais.
Un vieux réconfort
Le geste est automatique, une habitude si familière que l'on allume sans y penser. Sur le plan spirituel, il est associé à des besoins très anciens : les premières tétées au sein, la chaleur, la proximité, la présence apaisante d'une mère. Vous cherchez peut-être ce calme et cette sécurité. Certaines personnes en ont très peu connu enfants. Elles se sentaient seules, loin de tout le monde, anxieuses, ou avaient l'impression qu'un parent les tenait à l'écart de l'autre. Ayant grandi trop vite, vous ne savez peut-être pas quoi faire de vos sentiments, et vous n'osez peut-être pas tout à fait savourer le plaisir dans votre propre corps. La cigarette devient alors un plaisir en soi, une petite joie de vivre quand la joie semble rare ailleurs. Quand la proximité que vous avez connue autrefois n'est plus là, la cigarette peut combler le sentiment de manque.
Une compagnie, et une façon de garder ses distances
Les relations peuvent sembler effrayantes. La fumée tient les autres à distance, en particulier ceux qui ne fument pas et semblent plus proches de leurs propres sentiments. En même temps, la cigarette devient une compagne, et vous vous sentez moins seul. Elle ouvre aussi des portes : « Vous avez du feu ? » lance une conversation avec un inconnu, et « Je sors fumer une cigarette » vous offre une sortie quand une conversation devient inconfortable. Elle remplit les silences et les pauses. Au fil des années, elle peut faire partie intégrante de votre manière d'entrer en relation avec les autres.
Des décisions dans le brouillard
La fumée peut rendre vos décisions plus floues encore. Derrière l'habitude se cachent peut-être des choix que vous n'arrivez pas à faire, et une vie qui en devient fade. Sur le plan spirituel, la cigarette est parfois une manière d'échapper à une situation qui paraît trop désagréable : une famille, un travail, un mode de vie.
Les émotions de l'arrêt
Quand vous arrêtez, le manque de nicotine est la première chose que vous ressentez, et il mérite une aide concrète. Sous ce manque, les sentiments que la fumée recouvrait peuvent aussi remonter : l'inquiétude, la solitude, l'ennui, l'irritabilité, le vieux sentiment qu'il manque quelque chose. Cela ne signifie pas que quelque chose se passe mal. Cela signifie que l'écran s'est levé.
Arrêter vous demande aussi de repenser votre façon d'être en relation avec les autres. Sans cigarette, comment engager une conversation, en sortir, ou traverser un silence ? Comment vous accorder une pause ? Ce sont de bonnes questions à apporter au professionnel qui vous accompagne dans l'arrêt, car le plan que vous construirez ensemble peut inclure des réponses. Comprendre la dimension émotionnelle de l'habitude peut rendre ce plan plus facile à suivre. Cela ne remplace ni l'accompagnement ni le traitement.
Une façon plus douce de le vivre
- Nommez à quoi sert chaque cigarette. Une pause, une compagnie, un réconfort, une sortie de conversation. Chacune désigne un vrai besoin.
- Prenez la pause sans la fumée. Sortez et prenez cinq respirations lentes. Vous avez le droit de vous arrêter, avec ou sans raison.
- Trouvez de nouvelles portes vers la conversation. Une question, une marche, une tasse de thé. Exercez-vous à une façon d'entamer un échange et à une façon d'en sortir.
- Regardez la décision qui reste dans le brouillard. Choisissez un choix que vous repoussez et faites le premier petit pas.
- Laissez-vous aider. Arrêter avec un accompagnement n'est pas une faiblesse. C'est l'une des façons de prendre soin de vous.
- Savourez ce qui est là. La joie peut revenir dans de petits moments : un repas, un éclat de rire, une bouffée d'air frais. Vous méritez d'être aimé, avec ou sans fumée.
Questions à se poser
Prenez votre temps. Il n’y a pas de bonne réponse : remarquez simplement ce qui vient.
- Qu'est-ce que j'allume une cigarette pour ne pas ressentir, ou ne pas voir ?
- La cigarette est-elle le seul moment de ma journée où je m'autorise à m'arrêter ?
- Quelle chaleur ou quelle sécurité m'a manqué enfant, et est-ce que je la cherche encore ?
- Quelles personnes ou quelles conversations est-ce que je tiens à distance derrière la fumée ?
- Quelle décision est-ce que je repousse, et rend-elle ma vie fade ?
- Sous l'habitude, de quoi ai-je réellement besoin ?
“Je peux prendre mes pauses pour moi. Je nomme ce dont j'ai vraiment besoin, et je sais que je mérite d'être aimé.”
Aller plus loin, en douceur
Nos audios guidés et notre livre sont en anglais.
Nos produits sont conçus pour la détente et l’introspection. Ce ne sont pas des traitements médicaux et ils ne remplacent pas les soins que vous recevez.
Quand consulter un médecin
- Si vous voulez arrêter, parlez-en à votre médecin traitant, à un pharmacien, à un tabacologue ou à un service d'aide à l'arrêt du tabac. Un accompagnement associé à un traitement d'aide au sevrage rend l'arrêt bien plus durable que la seule volonté.
- Une douleur ou une pression dans la poitrine, surtout si elle s'étend au bras, à la mâchoire ou au dos, ou un essoufflement brutal et sévère. Appelez le 15 ou le 112.
- Des crachats de sang. Consultez votre médecin traitant en urgence.
- Une toux qui dure plus de trois semaines, un essoufflement qui s'aggrave lentement, des infections pulmonaires fréquentes ou une perte de poids involontaire.
- Si vous prenez des médicaments au long cours, prévenez votre médecin ou votre pharmacien quand vous arrêtez de fumer. Certains doivent voir leur dose vérifiée après l'arrêt. Ne modifiez pas une dose de vous-même.
- Une humeur basse, de l'anxiété ou de l'irritabilité pendant le sevrage, difficiles à gérer. De l'aide existe : vous n'avez pas à serrer les dents seul.
Maux liés
Sources et inspiration
Informations médicales
Lecture émotionnelle et spirituelle
- Jacques Martel, Le Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies , p. 112–113.
Cette page est une interprétation originale rédigée par l’équipe éditoriale de Body Hemi-Sync. Elle s’inspire de ces sources sans les reproduire. Comment nous rédigeons et vérifions nos pages.
